PAGAILLE
Une maison de transit, un grand coeur et une famille formidable.

En rentrant de mon travail, mon mari Maurice, me signale qu’une certaine Frédette, de l’Asenack, va me téléphoner tout à l’heure : il y a un chien en transit (et oui, on est famille de transit pour l’Asenack).
On me dit qu’il y a deux chiennes a récupérer Gribouille et Pagaille, qu’elles ont eu toutes les deux, un début de vie très difficile... Pagaille a une énorme boule de la grosseur d’un pamplemousse à la patte gauche, qui l’empêche de marcher normalement. Quant à Gribouille, elle sera adoptée par un restaurateur pas très loin de chez nous.
Après lui avoir téléphoné, il est d’accord pour ramener les deux chiennes ensemble : prendre la sienne et nous amener la nôtre.


En voiture avec Gribouille...

Quand ils arrivent à la maison, Pagaille toute difforme par cette énorme grosseur. Un regard de chien battu et un poil feutré comme un vieux pullover ; impossible de l’approcher pour la caresser, tellement elle a peur! Elle me donne envie de pleurer et dans ses yeux, toute la souffrance qu’elle a dû endurer...

Comment a-t-elle pu endurer cette maltraitance, comment nous, humains avons-nous pu lui faire subir tant de souffrances ? J’ai honte de faire partie de ces humains, j’ai envie de hurler quand je lis cette souffrance dans son regard.
Le lendemain, vite chez le véto, pour passer un premier bilan. Une écho est faite et il nous annonce qu’aucune intervention ne pourra être tentée car la grosseur est trop vieille et elle risquerait de mourir. Même avis d’un confrère qui confirme que c’est non et qu’une chienne comme celle-ci ne pourra jamais être adoptée vu son état.


Voici la fameuse grosseur qui faissait de moi une inadoptable

Alors, encore au rebus, pas de chance pour une seconde vie ?
NON, cela a trop duré pour elle. Avec Maurice, nous décidons de la garder : nous pourrons lui donner jusqu'à la fin de sa vie, la chaleur et le rayon de soleil qu’elle n’aura pas eu la chance d’avoir avant.
Pagaille va vous raconter sa nouvelle vie, enfin si elle le veut bien.

Et bien oui, vous avez compris que maintenant je resterai chez Josie et Maurice !
J’ai également une petite sœur, Olane qui vient aussi de l’Asenack, Ouolof(Epagneul du Tibet) et Lascaux(CKC de 12 ans).


Mes frères et soeurs !
Olane, Oualof et Lascaux

Quand ils ont voulu me faire rentrer chez eux, et bien, je ne voulais pas, ils ont été obligés de me porter. Juste à côté de la porte, une niche, sous la paillasse d’évier, avec une corbeille ; je m’y suis précipitée et je n’ai plus voulu en bouger.

Je pouvais tout voir, comment ils bougeaient, quand ils venaient aussi me voir pour me faire un bisou, mais c’est quoi un bisou ?
J’en ai jamais eu, alors je me blottissais encore plus au fond de mon panier, j’avais peur de la rouste qu’ils auraient pu me donner. Obligés de me porter dans le jardin pour faire mes besoins, me poser sur le canapé, entre eux.


Avec Josie et Maurice, allez on prend la pose !!!

Un matin, Josie est venue me chercher pour me mettre au lit avec eux, et je m’y suis installée, sur le dos les quatre fers en l’air. Je me suis tapé un roupillon et j’ai même ronflé, et depuis, tous les soirs je vais au lit, si vous saviez comme c’est bon.
Mais, je fais de l’incontinence et Josie met des alèzes sur le lit. Cela lui donne beaucoup de travail, mais jamais de reproche, au contraire elle me prend dans ses bras pour me câliner. Huit ans de ma vie enfermée dans une cage où je me faisais pipi dessus et à boire mon urine...
Je ne peux être propre comme cela, et ma grosse boule aussi, y est pour quelque chose, et jamais une caresse, même quand je faisais des bébés.
Aller, une bonne rouste, ca te remettra d’aplomb. Dure, ma vie.
Heureusement qu’un jour une dame a eu pitié de nous deux : elle nous a sorties de l’enfer, en attendant que nous arrivions dans nos nouvelles maisons. Merci à toi qui nous a aidées.

J’ai une famille bien à moi, on fait de la randonnée, avec tonton et tatie, j’ai droit à des câlins, des friandises.
Oui c’est vrai, je commence à m’attacher à cette famille formidable, et quand j’entends Josie dire de quoi sont capables certains humains, je redresse ma petite tête et je sais que là, je suis protégée.


Dans les bras de mon tonton.

Et puis, je les ai entendus pleurer, la petite Olane, ma copine de l’Asenack est partie ; je ne la verrai plus : elle a été opérée du larynx.
« Leur princesse » comme ils disaient, ne serait plus jamais à leurs côtés, ni avec moi. J’ai essayé de me rapprocher d’eux et de leur faire comprendre que maintenant j’étais là et que je ferai aussi un effort pour les aimer, comme je les aimais déjà...

Un jour, ils sont partis tous les deux, et le soir même, m’ont ramené un bébé CKCette Blenheim, Cachou. Chouette, un bébé.
Elle me rappelait les nombreux bébés que j’avais eus et qu’on m’enlevait tout de suite. Je lui ai fait sa toilette, je l’accompagne partout au cas où elle se perdait ou si on me l’enlevait encore, et je veille sur elle, à son éducation, et je la garde bien contre moi.
Et puis nous sommes partis en vacances en Ariège, toute la famille avec la tata, le tonton et leur caniche, et on a passé ensemble une semaine à la montagne ; on a fait de jolies ballades, et j’ai fait la connaissance de Rachel, famille de transit de notre chère Oléane.
Elles ont beaucoup parlé et pleuré, et aucune des deux ne pourra oublier le court passage d’Olane dans leur vie.


Maintenant, ma famille, ma maison, c’est à Carsac.

C’est là que je serai, jusqu'à mon dernier souffle, entourée de tous avec tout l’amour que je leur donne et l’amour qu’ils me rendent.
J’ai appris à relever la tête, à ne plus avoir peur des mains, des visiteurs. J’ai compris que tout ce que je vivais maintenant : les petits gestes, les caresses, les attentions, enfin tout, et bien on appel cela « AMOUR » avec un grand A.
Sans lui, nous serions encore au fond de notre trou, avec nos souffrances.

Et j’espère que tous les chiens qui vivent un calvaire comme Gribouille ou moi, rencontreront l’Asenack ou d’autres personnes, et un bon foyer pour que leur vie soit enfin heureuse et je remercie avec Gribouille, NINETTE d’avoir créé cette association.


Je vous laisse, je vais aller profiter de ma petite famille.
A plus tard

Pagaille

Un petit mot de Ninette :
J'ai vu la petite troupe en mars ou j'ai pu admirer Oualof, Cachou, et notre Pagaille, qui a un peu de mal a se déplacer, mais qui maintenant va au jardin seule. C'est une récompense pour eux, elle qui ne voulait pas quitter son panier de peur, et aussi parce qu'elle y avait trouve un confort.

Malheureusement depuis cette histoire Lascaux les a quittés aussi, dure année pour cette famille formidable, Olane et Lascaux, on vous fait des gros bisous !!!!